Regarde cette photo, regarde la bien. On était heureuses, pleines d'entrain et prêtes à tout. On avait le sourire aux lèvres et encore plus qu'un simple sourire. On hurlait de joie, on était prêtes à se foutre à poil au milieu de la rue et embrasser tous les gens qui passaient. On s'est cassé la gueule dans les buissons, et on en a eu les secquelles. Sans s'en rendre compte, on était prêtes à faire tout et n'importe quoi sous l'effet de la joie. On riait, Jeanne. On pleurait de joie et on hurlait de toutes nos forces que la vie était belle. On le pensait. On en était sûres. Alors pourquoi ? Pourquoi aujourd'hui tout aurait dû changer ? Je ne veux pas te voir comme ça. Je ne le veux plus ; et je n'en ai pas la force. On a passé tant de moments magiques à se dire que la vie avait été magnifiques de nous donner en cadeau l'une à l'autre. Tant de fois je me le suis répété, tant de fois Jeanne. Pourquoi aujourd'hui on devrait en supporter les mauvais côtés, de cette vie qui nous a offert tant de belles choses ? Je peux plus, je peux plus me dire que loin de moi tout va mal autant que je vais mal. Alors j'ai envie qu'on se tienne les pouces, qu'on sourie à nouveau. Qu'on puisse se dire que tout va bien et que lorsque viendra le jour où on se retrouvera, à nouveau, on puisse se regarder et sourire de ces nouveaux beaux moments que la vie nous a apportés. Malgré les choses dures que cette sale vie nous a aussi données en cadeau empoisonné, je veux que tu gardes la tête haute, autant que j'essaie de le faire. Et pour que notre "malheur" nous relie plus que la vie n'a pu le faire, je veux que tu puisses me regarder, et me dire que tout va bien, et que la vie est belle malgré tous ses défauts. J'veux que tu puisses te foutre à poil au milieu de la rue et hurler de toutes tes forces que la vie est BELLE. Avec un peu d'alcool, je te l'accorde, ça se réalisera sûrement plus. Je veux que tu puisses passer tes nuits dans ton lit et rêver, rêver de toutes ces choses magnifiques que tu as vécues et que tu vas encore vivre. Et je veux que tu rêves de moi, bien sûr.
À jamais, Jeanne. Je t'aime.